The present study is based on two observations: the presence of a type of Minoan vessel at Phaistos and Agia Triada, and the elephant tusks found in the storeroom of the Palace of Zakros, three sites in Crete. The examination of these objects allowed us to develop two hypotheses. The first concerns the cups called “grater”, which include inside an element that served as rasp. The shape and surface of the rasp are surprisingly reminiscent of the outline and the design of the masticatory surface of elephant molars. This led us to revisit the fossil elephants of this island and to look for the degree of similarity between the elephant molars and the design of some rasps from Phaistos and Agia Triada, dating from c. 1800-1700 BC. The second hypothesis relates to the provenance of elephant ivory, used in Crete from c. 1600 BC to manufacture many precious objects (seals, plaques, figurines, statuettes, etc.), based on the raw elephant tusks found in a storeroom at Zakros, and dated to 1500-1450 BC. The morphological comparison of these tusks with those of fossil elephants from Crete and the extant species from Asia and Africa, as well as the examination of palaeontological, archaeological, iconographic and epigraphic data, allow us to suggest the attribution of the tusks of Zakros to Elephas maximus Linnaeus, 1758 which lived in the Levant until around 1200 BC. This affinity would deserve to be supported by microstructural and isotopic analyses.
Quelle connaissance les Minoens avaient-ils des éléphants? Les râpes de Phaistos et les défenses de Zakros.
La présente étude s’appuie sur deux observations: la présence d’un type de vaisselle minoenne à Phaistos et Agia Triada, et l’examen des défenses d’éléphants retrouvées dans les réserves du Palais de Zakros, trois sites en Crète. L’analyse des caractéristiques de ces objets nous a permis de développer deux hypothèses. La première concerne un type de vaisselle appelé « grater». Il s’agit de coupes comportant un élément servant de râpe. La forme et la surface de la râpe rappellent étonnamment la forme et le dessin de la surface masticatrice des molaires d’éléphant. Ceci nous a conduit à revoir les éléphants fossiles de cette île et à rechercher le degré de similitude entre les molaires d’éléphant et les râpes de Phaistos et Agia Triada, qui datent de c. 1800-1700 BC. La seconde hypothèse se rapporte à la provenance de l’ivoire d’éléphant, utilisée en Crète à partir d’environ 1600 BC. Les Minoens ont utilisé l’ivoire pour fabriquer de nombreux objets précieux (sceaux, plaquettes, figurines, statuettes…), mais son origine reste inconnue. Que peuvent dire à ce propos les défenses d’éléphant brutes trouvées à Zakros? La comparaison de leur morphologie avec celle des éléphants fossiles de Crète et actuels d’Asie et d’Afrique, ainsi que l’examen des données paléontologiques, archéologiques, iconographiques et épigraphiques, nous permettent de suggérer l’attribution des défenses de Zakros à Elephas maximus Linnaeus, 1758 qui a vécu au Levant jusque vers 1200 BC. Ce résultat mériterait d’être étayé par des analyses microstructurales et isotopiques.